Comité Désirs d’avenir Taiwan

Début 2006, quelques Français de Taiwan ont adhéré à Désirs d’avenir et ont participé à sa campagne interne au sein du Parti Socialiste. Aujourd’hui, quelques jours après sa brillante victoire dans la primaire socialiste, nous venons de créer officiellement le comité Désirs d’avenir Taiwan et nous souhaitons être rejoints par d’autres Français qui souhaitent son élection en mai 2007.
Lundi 12 mars 2007 1 12 03 2007 08:50
François Hollande, premier secrétaire du PS, appelle à un «vote clair» dès le premier tour en faveur de Royal et ne voit pas de perspective du côté de l'UDF:
 
Par David REVAULT D'ALLONNES
QUOTIDIEN : lundi 12 mars 2007
 
Alors qu'un sondage de l'Ifop donne François Bayrou à égalité avec Ségolène Royal au premier tour (23 %), le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, répond aux questions de Libération sur la percée du candidat centriste.
François Bayrou vous inquiète-t-il ? 
Une campagne électorale, ce n'est pas un commentaire de sondages, c'est la préparation d'un vote, à partir des projets de société qui sont en confrontation. Il ne s'agit pas se laisser aller à l'enthousiasme ou à l'inquiétude, mais de faire preuve de la conviction nécessaire autour du pacte présidentiel de Ségolène Royal. A chaque scrutin présidentiel, certains affirment que le clivage gauche-droite n'a plus de sens. Le réveil est à chaque fois douloureux. Certains imaginent que le seul objectif de la campagne présidentielle serait de battre Sarkozy, et que tous les moyens seraient bons à cette seule fin. Mais, il ne faut pas simplement écarter, rejeter, empêcher. Il faut permettre un changement et lever une espérance. Ce choix doit se faire dès le premier tour avec Ségolène Royal.
Ségolène Royal peut-elle être absente du second tour ? 
Quand on a connu le 21 avril, l'élimination de la gauche, nous ne pouvons occulter aucune hypothèse. C'est pourquoi il faut mener campagne en disant que seul le bulletin de vote compte, pas l'humeur, la mode ou la frénésie «sondagière».
Vous envisagez donc un second tour Bayrou-Sarkozy ? 
Ce serait un non-choix pour les Français car ce serait une différence de degré mais pas de nature. Bien plus qu'un vote utile, j'appelle à un vote clair, cohérent, conséquent. L'élection présidentielle se joue au premier tour, qui qualifie pour le second et crée de la dynamique de succès.
Envisageriez-vous de gouverner avec Bayrou ? 
Ségolène Royal a présenté un pacte présidentiel qui a permis déjà de rassembler au-delà du PS avec le PRG et le MRC de Jean-Pierre Chevènement. Si d'autres, au second tour de l'élection, veulent venir avec nous pour battre la droite et mettre en oeuvre le « pacte », ils seront les bienvenus. Mais ce n'est pas la démarche de François Bayrou. Lui, veut une alliance des contraires, c'est-à-dire le contraire d'une alliance.
Comment expliquez-vous la faiblesse de la gauche dans les sondages ? 
Il y a aujourd'hui beaucoup d'indécis et il est trop tôt pour les faire parler. Le niveau de la gauche n'a pas de raison d'être plus faible qu'en 2002 et même qu'en 2004, à condition que les voix de gauche ne se laissent pas disperser sur des candidatures qui ne sont pas de gauche et dont l'objectif est d'aboutir à une alternance au sein de la seule majorité UMP-UDF.
Le retour au premier plan de Dominique Strauss-Kahn consacre-t-il sa ligne au détriment de celle de Laurent Fabius ? 
Dominique Strauss-Kahn comme Laurent Fabius ont chacun leur rôle à jouer. La ligne est claire, c'est celle du pacte présidentiel de Ségolène Royal.
Ségolène Royal a-t-elle réussi à rassembler le parti, malgré les blessures de la primaire ? 
Notre primaire a été un bel exercice démocratique. Mais un vote laisse toujours des traces. Aussi, Ségolène Royal a-t-elle fait les gestes qui convenaient, en constituant son équipe du pacte. Toutes les générations et toutes les expériences doivent désormais s'impliquer chaque jour davantage dans la campagne. Qui pourrait penser que sur les décombres d'une défaite, il serait simple de reconquérir ? Si la gauche ne l'emportait pas, les risques pour la cohésion sociale du pays comme pour sa stabilité seraient immenses. Les intérêts partisans, et les ambitions personnelles ne pèsent guère au regard de l'enjeu. C'est tout de suite qu'il faut engager le changement.
Cette «équipe du pacte présidentiel» se réunira-t-elle un jour ? 
Elle va se déployer. Il sera sans doute nécessaire de la réunir dès le départ de la campagne officielle. Tout le monde est sur le pont.
Où se trouve le centre de commandement de la campagne ? 
C'est la candidate qui fixe le rythme, la forme et le contenu de la campagne. La feuille de route est simple : diffuser le pacte présidentiel, mobiliser les citoyens sur l'enjeu du premier tour et rassembler la gauche au second. Il y a toujours des choses à améliorer. Mais jamais nous n'avons eu autant d'affluence dans nos réunions publiques.
Que pensez-vous d'un ticket Royal-DSK ? 
Avant de savoir quelle sera la répartition des responsabilités et des postes, il faut gagner.
Comment jugez-vous la proposition de Sarkozy de créer un ministère de l'Identité nationale et de l'Immigration ? 
Choquante. Rapprocher immigration et identité nationale, c'est laisser penser que la première pourrait être une menace pour la seconde. Et, si seul Jean-Marie Le Pen a approuvé cette initiative, c'est qu'elle correspond au fond idéologique de l'extrême droite. Confier la présidence de la République à un candidat qui cède à ce mauvais calcul serait un risque.
Un soutien de Chirac à Sarkozy se révélerait-il un atout pour vous ? 
S'il ne l'a pas fait hier, il le fera demain. Sarkozy est le président du parti qu'a fondé Jacques Chirac, il a été le numéro deux des gouvernements Raffarin et Villepin, il est le seul candidat soutenu par tous les membres du gouvernement et par l'entourage le plus proche de Chirac. C'est sans doute encombrant pour Nicolas Sarkozy, mais c'est cohérent : il est le candidat sortant. Sarkozy ne veut pas porter le fardeau du bilan des deux gouvernements Villepin et Raffarin, et tente d'apparaître sur le mode de la nouveauté. Dans ce scrutin, la droite comme le centre occultent leur histoire, cachent leur identité et maquillent leur projet.
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Lundi 12 mars 2007 1 12 03 2007 08:42
LE MONDE | 09.03.07 | 10h54
 
Lorsque François Bayrou a fait de vous un premier ministre potentiel de sa majorité, vous avez laissé dire… Pourquoi ?

Cette question ne se posera pas. Je suis un homme de gauche et l'union nationale, telle que la propose François Bayrou, ferait avant tout l'affaire des extrêmes. La France a besoin d'une majorité de gauche. Pour autant, je trouve que l'on est à la fois trop indulgent par rapport au flou du projet de François Bayrou et parfois trop excessif par rapport à sa démarche.

 

C'est certes un homme de droite, mais il a donné des signes de rupture par rapport à Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy. Est-ce que ces signes de rupture en font une solution pour la France ? Je ne le crois pas : en mettant sur le même plan le PS et l'UMP, il est injuste sur le passé et inopérant pour l'avenir. Est-ce que cela en fait le meilleur candidat pour battre Nicolas Sarkozy ? Je ne le crois pas davantage. Il ne peut ni ne veut rassembler l'ensemble de la gauche, or c'est nécessaire pour battre Nicolas Sarkozy.

Ségolène Royal, parce qu'elle n'est pas centriste mais occupe une position centrale, est la mieux placée pour rassembler. François Bayrou devra finir par se déterminer. S'il va jusqu'au bout de sa logique – et je l'y encourage ! –, il se prononcera contre l'alliance avec Nicolas Sarkozy au second tour. Cela fera une belle majorité pour battre Sarkozy et pour changer la France.

Vous suggérez au candidat centriste de rallier Mme Royal ?

Ségolène Royal l'a dit : tous ceux qui rejoindront le "pacte présidentiel" auront vocation à rejoindre le gouvernement et la majorité présidentielle.

Le candidat centriste est donc compatible avec la gauche ?

La ligne de François Bayrou n'est pas une solution, c'est une illusion. Sa progression dans les sondages est la manifestation la plus repérable de l'exaspération des Français devant l'absence de vrais débats sur leurs vrais problèmes. Je les comprends. Remettons les solutions – notamment économiques et sociales – au cœur de la campagne présidentielle : nous verrons si François Bayrou partage les nôtres et, j'en suis sûr, nous l'emporterons.

Vous faites une ouverture à l'électorat centriste ?

Il n'y a pas d'ouverture à faire. Il y a à montrer que la gauche que Ségolène Royal veut incarner, et moi aussi, offre un nouveau visage. J'ai plaidé pour une gauche social-démocrate. Je pense toujours que la solution est là.

La progression de M. Bayrou dans les sondages signifie-t-elle que le clivage droite-gauche a du mal à s'installer ?

La succession des alternances et les difficultés de la société française ont érodé les différences manichéennes qui existaient jusqu'en 1981. C'est plutôt une bonne chose. Pour autant, je continue de penser que les différences entre la droite et la gauche structurent notre pays. Qui ne voit aujourd'hui qu'il y a deux manières de faire évoluer la société française dans la mondialisation. La gauche moderne que représente Ségolène Royal, et que je défends, vise à concilier une nouvelle vision de la création de richesse et de la réduction des inégalités.

Cette campagne est beaucoup trop remplie d'anecdotes. Les Français sont dessaisis des débats. Nicolas Sarkozy organise le brouillage, en citant Jaurès et Blum, et se fait le champion du travail, "travailler plus pour gagner plus". Or, il a été rappelé mille fois que ce ne sont pas les salariés qui décident des heures supplémentaires, et que ça n'apporte aucune solution aux salariés en temps partiel subi. C'est une approche très différente, sur le pouvoir d'achat, de celle que propose la gauche avec l'ouverture d'une grande négociation avec les partenaires sociaux qui traite de la hausse du smic et de la revalorisation des petites retraites mais aussi de toute la revalorisation des carrières professionnelles…

Sur la question fiscale, Nicolas Sarkozy dit qu'il faut baisser de 4 % les prélèvements obligatoires alors que chacun sait très bien que le problème central du pays, c'est celui de la dette, sur laquelle Ségolène Royal a mis l'accent, et que cela impose de stabiliser les prélèvements obligatoires. Dire, comme le fait Nicolas Sarkozy, qu'on veut faire passer le bouclier fiscal à 50 % revient en fait à supprimer l'ISF. Dans ces conditions, qu'il le dise clairement ! Que le débat commence enfin sur les objectifs, les priorités, les solutions, les modalités… sous le regard des Français.

Quelle relance faut-il pour l'Europe ?

Il faut absolument que l'ensemble de la mécanique reparte. Le cadre principal doit être celui de l'entente étroite entre Français et Allemands. Il faut reprendre l'inspiration du traité de l'Elysée de 1963 et, avec un nouveau pacte, aller loin dans l'intégration franco-allemande, en dégageant une vision commune sur les frontières, l'économie et le social, le militaire et le diplomatique et l'environnement et l'énergie.

Avec la présidence allemande en 2007, la présidence française en 2008 et les élections européennes en 2009, la fenêtre est étroite, mais elle existe. Pour le reste, il faut écarter le "mini-traité" version Sarkozy parce qu'il manque d'ambition et heurte les dix-huit pays qui ont dit oui à la Constitution européenne. Nous n'avons pas besoin d'un traité "moins". Nous avons besoin d'un traité "plus", qui réponde aux attentes sur le social, l'environnement, la gouvernance économique, de ceux qui sont inquiets d'une Europe trop libérale.

Ce nouveau traité doit-il être soumis à un référendum ?

S'il n'est qu'un règlement intérieur de fonctionnement de l'Union, sous la pression des eurosceptiques, des Britanniques, des Polonais, des Tchèques auxquels Nicolas Sarkozy prête la main avec son mini-traité, il peut passer par la voie parlementaire. Si c'est le traité "plus", le parallélisme des formes impose un référendum mais, dans ce cas, il sera, j'en suis sûr, adopté.

La présence de l'Etat dans le capital d'EADS est-elle nécessaire ?

Oui. La spécificité d'EADS, c'est qu'il s'agit de la première entreprise créée de façon binationale – avec des actifs français et allemands – et avec une organisation bicéphale. La participation de l'Etat français a été un élément de discussion au départ, mais ce n'est plus une difficulté aujourd'hui. En revanche, l'organisation bicéphale, qui était indispensable pour créer EADS, n'était pas destinée à durer : il aurait fallu la faire évoluer. Je me souviens que dès 2002, j'avais rencontré le président de Daimler pour voir avec lui les modalités possibles d'évolution. Le décès de Jean-Luc Lagardère – qui appuyait cette démarche – a interrompu le processus. Il aurait fallu depuis bouger sur cette question. En cinq ans, le gouvernement n'a rien fait.

Cette gouvernance bicéphale, il faut y mettre fin ?

Oui. Bien des solutions peuvent être imaginées, comme une présidence à tour de rôle. Mais, pour pouvoir être adoptées, il faut recréer de la confiance.

Mais vous êtes d'accord avec la demande de Ségolène Royal d'une recapitalisation par les Etats et d'une participation des régions ?

Pourquoi pas ! Même si nous ne sommes pas dans le cas d'Alstom, et si la recapitalisation n'est pas le problème principal d'Airbus, elle peut être utile. Airbus connaît d'abord des difficultés d'organisation. Il y aurait beaucoup à gagner à discuter avec les organisations syndicales, sans oublier les sous-traitants, pour remettre à plat le plan Power 8. C'est un grand gâchis d'avoir construit ce plan sans les avoir suffisamment consultées.

Propos recueillis par Arnaud Leparmentier et Isabelle Mandraud
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Mercredi 7 mars 2007 3 07 03 2007 23:12
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Mardi 6 mars 2007 2 06 03 2007 11:00

Le 5 mars, devant plus de 700 personnes et quelque 50 journalistes, Ségolène Royal a présenté à Berlin sa vision du couple franco-allemand et a développé ses propositions pour les Français de l’étranger.

Chers compatriotes, chers amis,

Laissez-moi vous dire tout mon plaisir d’être avec vous ce soir à Berlin pour m’adresser aux Français d’Allemagne et plus largement à tous les Français de l’étranger.

Je veux saluer de nombreux visages amis, à commencer par Huguette Meixner et chaque membre de la section du Parti Socialiste à Berlin. Je sais tout le travail et le cœur qu’ils ont mis à la préparation de notre rencontre et je leur dis ma sincère reconnaissance. Je salue aussi la Fédération des Français à l’Etranger du Parti Socialiste et ses milliers d’adhérents à travers le monde, aujourd’hui en campagne auprès de nos 850,000 compatriotes inscrits dans les 545 bureaux de vote à l’étranger en avril et mai prochains. Merci aux radicaux de gauche et aux représentants des comités Désirs d’Avenir en Allemagne d’être là également, tout comme au Président de l’ADFE – Français du Monde, François Nicoullaud. La gauche à l’étranger doit tant au travail opiniâtre mené depuis plus de 25 ans par l’ADFE aux côtés des partis politiques. Je salue enfin Monique Cerisier-Ben Guiga, Sénatrice des Français de l’Etranger, ainsi que les élus d’Allemagne à l’Assemblée des Français de l’Etranger Claudine Lepage, Patricia Neu-Blotenberg, Claude Chapat et Michel Chaussemy.

Ebenfalls will ich unsere deutschen Freunde begrüssen. Vielen Dank für eure Anwesenheit. Das freut mich sehr. Es ist das wichtigste Symbol, dass eine nationale Wahl gar keine exklusive nationale Dimension mehr hat. Für ihre wertvolle Unterstützung bin ich der SPD ganz dankbar.

**********************************

Comme tant de femmes et d’hommes aujourd’hui, j’ai grandi dans la paix et je sais combien ces décennies passées loin des conflits les plus sanglants de l’histoire doivent à la réconciliation franco-allemande. Vous connaissez mon attachement à l’œuvre politique du Président François Mitterrand. Dans son ouvrage posthume « De l’Allemagne, de la France », François Mitterrand parlait de « la prédestination de l’Allemagne et de la France, que la géographie et leur vieille rivalité désignent pour donner le signal de l’Europe ». Cette leçon est plus que jamais actuelle.

Je souhaite rendre au couple franco-allemand la force d’initiative qu’il a perdue en Europe. Je veux renouer avec le volontarisme politique d’Helmut Kohl et de François Mitterrand pour redonner au couple franco-allemand cette feuille de route dont la destination ne peut être que celle de la construction de l’Europe politique et sociale.

La France doit revenir à la table de l’Europe. L’Europe reste notre grande ambition, une Europe solidaire et dynamique, qui protège ses citoyens et les aide à trouver leur place dans la mondialisation. Nous devons intégrer les citoyens au rang d’acteurs et de juges du débat européen, en faisant l’Europe par la preuve.

L’exemple des difficultés actuelles d’Airbus souligne la nécessité de l’engagement politique dans le débat européen. Il est inacceptable que les salariés paient de leur emploi les erreurs de gestion et l’absence volonté de l’Etat actionnaire. J’ai rencontré les salariés d’Airbus la semaine passée. La puissance publique doit s’engager pour que cette entreprise, à la pointe du savoir-faire et au carnet de commande plein pour 5 ans, réponde différemment à ses difficultés actuelles. Il en va de l’avenir de l’industrie aéronautique européenne. Je refuse de le laisser uniquement à l’appréciation du marché.

L’Allemagne, qui préside l’Union européenne ce semestre, trouvera en moi à compter du mois de mai une interlocutrice ouverte et déterminée à relayer ses efforts durant la présidence française en 2008. Les deux prochaines années seront critiques pour l’avenir de l’Union et je m’y donnerai pleinement.

Au-delà de l’engagement des deux gouvernements, je souhaite renforcer la dimension citoyenne de la relation entre la France et l’Allemagne. Je souhaite notamment que l’éducation et la formation soient la toute première priorité du couple franco-allemand dans les années à venir.

Voilà quelques mesures concrètes que nous pourrions mettre en place, afin de donner à chaque Allemand et à chaque Français l’occasion de vivre pleinement sa citoyenneté européenne :

  • Le développement de campus universitaires franco-allemands, inspirés par les exemples réussis de l’Institut franco-allemand de Sarrebruck et du cycle franco-allemand mis en place à Nancy par l’Institut d’Etudes Politiques de Paris. Les employeurs sont friands de diplômés maîtrisant non seulement les deux langues, mais plus encore les deux cultures.

  • La reconnaissance de tous les diplômes scolaires, universitaires et professionnels pour l’accès à l’emploi: il subsiste encore trop de protectionnisme caché. Cela est inacceptable et doit prendre fin immédiatement.

Je propose également la tenue d’assises générales des institutions franco-allemandes dès 2008, dont le but serait d’évaluer et de coordonner leurs activités, de même que de donner une plus grande lisibilité à leur action. Les assises seraient ouvertes à tous les représentants politiques, institutionnels, administratifs, locaux, régionaux et associatifs, et auraient pour objectif de promouvoir l’éducation et la formation des jeunes Allemands et Français dans une perspective européenne. Elles devraient également dresser sans concession un état des lieux d’institutions dotées d’un fonctionnement trop souvent bureaucratique et dont la mission n’est plus guère adaptée aux défis de notre temps.

Il faudra notamment s’interroger sur la pertinence de certaines réformes entreprises ces dernières années et qui, parce trop guidées par des intérêts partisans, n’ont nullement su irriguer la relation franco-allemande. Je pense en particulier à la mauvaise réforme de l’Office Franco-Allemand de la Jeunesse (OFAJ).

Enfin, je suis à l’écoute de l’expérience et du vécu que rapportent très utilement les Conseillers des Français d’Allemagne à l’Assemblée des Français de l’étranger. En Allemagne, comme également en France d’ailleurs, les difficultés diverses rencontrées par de nombreuses familles binationales méritent que le sujet de la famille soit abordé de front.

*****************************************************

Tout ceci souligne combien l’engagement citoyen outre frontière est important. Je veux dire haut et fort ce soir à Berlin que les deux millions de Français établis à travers le monde sont les meilleurs représentants de nos valeurs, de notre culture et de notre économie. Leur présence outre-frontière est essentielle pour le rayonnement de la France dans la mondialisation. La France doit les écouter, les soutenir et les protéger. Je m’y attacherai.

  • Je soutiendrai les communautés françaises en réhabilitant l’action publique. Je renforcerai le service public à l’étranger avec un réseau efficace de Consulats exécutant leurs missions de proximité à hauteur de moyens financiers et humains renouvelés.
     

  • L’accent devra être mis en particulier sur la sécurité des communautés françaises. La formation du personnel diplomatique et consulaire à la gestion de crise sera une priorité. Je ferai de la coopération consulaire européenne l’un des axes de la Présidence française de l’Union européenne. Je crois à la mutualisation des moyens dans ce domaine afin de garantir la protection des Européens dans le monde. Les relations entre les cellules de veille et de crise de l’ensemble des Etats membres de l’Union européenne devront être systématisées.
     

  • Hors de l’Union européenne, l’accès de tous les Français de l’étranger à une protection sociale minimale sera garanti au terme du quinquennat, par des accords avec les caisses des pays de résidence et la réforme des centres médicaux sociaux consulaires. Le champ d’activités de la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie sera étendu aux séniors et handicapés français de l’étranger.
     

  • Dans l’Union européenne, je demanderai que soient assouplies les règles autorisant les soins médicaux lourds dans un autre Etat que celui d’assurance, afin que les patients puissent être soignés par le praticien de leur choix, à proximité de leur famille et amis. Je m’engagerai en faveur du maintien de l’assurance sociale des travailleurs frontaliers retraités dans le pays où leur pension est versée.
     

  • La continuité de la protection sociale française sera assurée durant un an aux porteurs d’un projet économique, culturel ou social à l’étranger. La situation des agents de l’Etat recrutés locaux et des stagiaires sera améliorée afin de mettre fin aux situations indignes relevées dans de nombreux pays.
     

  • Les Consulats se doteront d’un dispositif d’assistance aux femmes françaises et à leurs enfants pour répondre aux drames de la violence conjugale, des mariages forcés et des répudiations. Une loi d’indemnisation des biens professionnels et personnels du fait de troubles politiques, de spoliations, de faits de guerre ou de catastrophes naturelles sera adoptée.
     

  • Les coûts de scolarité dans les établissements de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger seront réduits de moitié d’ici à 2012 et la tutelle de l’Etat sur l’Agence sera étendue au Ministère de l’Education Nationale. Je m’engagerai pour le développement des filières bilingues d’enseignement dans les Etats membres de l’Union européenne et de l’OCDE. L’enveloppe du programme Français Langue Maternelle sera doublée pour encourager l’apprentissage du français au plus jeune âge.
     

  • La situation des étudiants français issus de l’étranger sera traitée en priorité dans le cadre du « contrat d’autonomie » proposé par les associations et syndicats d’étudiants. Cela permettra à tous ces jeunes Français de venir étudier en France, en réduisant le coût des études pour des familles vivant souvent de faibles revenus locaux.
     

  • Un programme de formation professionnelle sera développé dans le cadre consulaire en liaison avec les entreprises françaises et les centres de formation du pays de résidence.
     

  • Une Agence de la Coopération Culturelle, Scientifique et Technique sera instituée pour redonner enfin un sens à l’action de la France dans ces domaines essentiels de la vie internationale.
     

  • Pour mener à bien tous ces projets, une vaste réforme de la représentation politique des Français de l’étranger sera conduite. Elle reposera sur la représentation des Français de l’étranger à l’Assemblée Nationale et sur la transformation de l’Assemblée des Français de l’Etranger en un Conseil Général d’outre-frontière, doté de véritables compétences et moyens.
     

  • Le vote à distance, par Internet et par correspondance classique, sera instauré pour toutes les élections organisées dans les centres de vote à l’étranger, à commencer par l’élection présidentielle. La distance entre l’urne et l’électeur ne devra plus être un obstacle à la participation électorale à l’étranger. Il n’est pas acceptable que la France figure parmi les dix des vingt-sept Etats membres de l’Union européenne excluant toute forme de vote à distance au bénéfice de ses ressortissants à l’étranger.

Voilà mes propositions pour les Français de l’étranger. Elles incarnent une ambition, celle de donner à chacun sa pleine et juste place dans la communauté nationale. C’est ce que je veux pour nos compatriotes à travers le monde. La France est grande lorsqu’elle sait s’adresser à tous ses enfants, lorsqu’elle ne néglige ni n’oublie personne.

Je veux dire clairement ici, puisque cela a été évoqué que je n’ai pas l’intention d’établir une contribution fiscale à charge des Français de l’étranger, aussi choquants que soient certains exils pour raisons fiscales.

En m’exprimant aujourd’hui depuis Berlin, en évoquant la dimension citoyenne de l’amitié franco-allemande et en développant mes propositions pour les Français de l’étranger, c’est aussi du rôle de la France dans le monde et de la façon dont j’en conçois l’action extérieure que j’ai parlé. Une France généreuse, exigeante sur ses valeurs et portée à l’universel.

***************************************************

La sensibilité européenne et la solidarité internationale sont au cœur de mon Pacte Présidentiel. Toutes deux trouveront leur expression dans la diplomatie que j’entends conduire. Je ferai de la solidarité avec le Sud une réalité. Je m’engagerai dans les instances internationales pour rééquilibrer les effets du marché et de la mondialisation sauvage dans les domaines sociaux et environnementaux. La paix, la justice, le multilatéralisme et le développement partagé seront les fils conducteurs de mon action internationale.

J’agirai pour que partout, la France soit reconnue et aimée à la hauteur de son engagement universel.

J’ai besoin de vous à l’étranger pour gagner l’élection présidentielle. Aucune voix ne doit manquer. Je compte sur vous comme je vous engage à compter sur moi. Partout, je croise l’enthousiasme et l’espérance. Je les lis aussi sur vos visages à Berlin ce soir et je le devine, au-delà, dans ce que vous me rapportez de toutes nos communautés françaises.

La victoire est au prix de ce magnifique exercice de conviction à mener d’ici le 6 mai.

Avec vous, j’ai confiance.

Es lebe die deutsche-französische Freundschaft!

Vive la République! Vive la France!

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Dimanche 4 mars 2007 7 04 03 2007 11:39

Ségolène Royal

 

 

Candidate Socialiste

 

s’adressera aux Français de l’étranger

 

le lundi 5 mars à 19h

à Berlin

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